Ambassade du Gabon en France « La vitrine qui rapproche »

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Informations de coopération bilatérale Gabon France

La juridiction de l’Ambassade Haute Représentation de la République Gabonaise à Paris couvre, outre la France, le Portugal, la Suisse, Monaco et Andorre.

      • Date d’établissement des relations.

Les relations entre la France et le Gabon ont été établies en 1960, dès l’accession du Gabon à l’indépendance.  Reposant sur des piliers de dialogue, de respect mutuel et de confiance, ces relations sont multiformes et caractérisées par un cadre juridique très riche, sans cesse renforcé et réadapté pour tenir compte de l’évolution des deux pays.

      • État de la coopération.

Tributaire de la volonté des plus hautes autorités des deux pays, la coopération franco-gabonaise, qui s’apprécie aisément sous des aspects tant politiques, qu’économiques, culturels et sociaux, est excellente.  Elle s’est d’ailleurs enrichie depuis le 24 février 2010 d’un nouveau cadre, à savoir le Plan d’action (2010-2014) pour la mise en œuvre d’un partenariat stratégique, ainsi que le Traité de partenariat de défense.  Ces nouveaux instruments s’inscrivent dans la perspective de mieux faire correspondre les actions de coopération aux attentes des deux pays, notamment la construction d’un Gabon émergent conformément au Projet de société du Chef de l’État.

      • Secteurs prioritaires

Les secteurs prioritaires de la coopération franco-gabonaise sont multiples et concernent principalement les domaines pétrolier, minier, forestier ainsi que les Bâtiments et Travaux Publics (BTP).  De manière pratique, la France est le 1er partenaire du Gabon, alors que celui-ci est son 74ème partenaire commercial dans le monde et son 9ème en Afrique subsaharienne.  Elle est présente dans la quasi-totalité des secteurs de l’économie gabonaise (environ 75% des investissements étrangers au Gabon), notamment le bâtiment, les travaux publics (plus de 150 entreprises françaises s’y trouvent).  ¾ des exportations françaises vers le Gabon concernent des biens d’équipement et des biens de consommation, alors que plus de 90% des importations du Gabon en direction de la France portent sur les matières premières (pétrole, bois manganèse).

      • Le Sommet Afrique-France de 2010 et son impact sur la relation franco-gabonaise

Lors de ce Sommet, trois thèmes majeurs ont été abordés et inscrits dans la déclaration finale.  La France s’était engagée à mettre à profit sa double présidence du G20 et du G8 pour porter ces questions.
1)- La place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale : il s’agit d’œuvrer pour un système multilatéral plus efficace et plus représentatif du monde, dont une réforme urgente du Conseil de sécurité des Nations Unies et de la gouvernance mondiale afin que l’Afrique soit mieux représentée dans les grandes enceintes internationales (Banque Mondiale, FMI, etc.).
La France propose une réforme intérimaire du Conseil de sécurité des Nations Unies, en lieu et place de la position des pays africains dans le cadre du « consensus d’Ezulwini » de l’Union Africaine auquel notre pays a souscrit.  Cette question n’a connu aucune évolution notable depuis lors, alors qu’une légère plus grande visibilité des préoccupations du continent a été constatée à la Banque Mondiale et au FMI.
2)- Le renforcement de la paix et de la sécurité : il s’agit de mobiliser plus d’efforts pour lutter contre les menaces transnationales diverses (terrorisme, actes de brigandage et de piraterie en mer, etc.).
La France s’était engagée, pour la période 2010-2012, d’une part à consacrer 300 millions d’euros pour soutenir les efforts des pays africains et des organisations sous-régionales et, d’autre part, à former 12 000 militaires africains au profit des forces de maintien de la paix de l’UA et de l’ONU.
Des efforts notables ont été enregistrés, tant dans le cadre du programme RECAMP (Renforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix), qu’au un niveau plus européen du programme EURO RECAMP (ou AMANI AFRICA).  Dans ce domaine, le Gabon bénéficie d’une coopération satisfaisante, notamment avec l’École d’État Major de Libreville qui forme les officiers de la sous-région, ainsi que grâce aux manœuvres militaires organisées annuellement en divers points du territoire.
3)-Le climat et le développement : il s’agit de considérer l’Accord de Copenhague sur les changements climatiques comme une première étape pour la conclusion d’un accord global.  En outre, il porte sur le respect pris à Copenhague par les pays développés de fournir 30 milliards de dollars pour financer les actions précoces sur la période 2010-2012 et de mettre en œuvre rapidement et de manière transparente ces financements (soit 420 millions d’euros par an), tout en créant un système de financement à long terme permettant d’obtenir un montant de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.
En matière de climat, la rencontre de Cancun en décembre 2010 n’a pas permis qu’un accord global soit pris.  Les espoirs se fondent maintenant sur la Conférence de Durban (28 novembre-9 décembre 2011).  La France a toutefois mis en place l’initiative Paris-Nairobi sur les énergies propres, au delà des actions purement bilatérales. Parmi celles-ci, on note le partenariat France-Brésil-Gabon sur la construction d’une station satellitaire d’observation du couvert forestier du Bassin du Congo.
En ce qui concerne le développement, la France s’était engagé à renforcer l’initiative partenariale européenne de cofinancement des investissements des entreprises.  Elle a utilisé la plate-forme du G8 et du G20 pour lutter contre la volatilité des prix des matières premières agricoles et pour mettre en place une taxe sur les transactions financières internationales pour financer le développement. Elle a de même œuvré pour la constitution d’une réserve alimentaire en Afrique de l’Ouest, sous la gestion de la CEDEAO, mais à la disposition de toutes les régions du continent en situation de famine.  Pour le Gabon, les actions en matière de développement peuvent s’apprécier à travers les accords signés lors du dernier séjour à Libreville du Premier Ministre François FILLON, et qui portent sur différents domaines (énergie, eaux et forêts, économie et industrie, etc.), notamment :

  • un contrat de 48 millions d’euros entre l’entreprise ETDE et le Ministère de l’Énergie, pour l’électrification en zone rurale de 110 villages dans le nord du Gabon (Oyem et Mitzic) ;
  • un contrat de 23 millions d’euros entre LIGNAFRICA (joint-venture entre Rougier et RFM) et le Ministère des Eaux et Forêts pour l’exploitation durable d’un périmètre forestier de 39 000 ha, dont 14 000 ha d’okoumés, qui va permettre la création de 400 emplois permanents ;
  • une convention de subvention de 1,5 millions d’euros entre l’AFD et le Ministère de l’Industrie pour la création d’un Bureau Industrie Bois qui va contribuer à l’expansion d’un tissu industriel local à travers l’aide à la reconversion des exploitants forestiers dans les activités de transformation de la matière première.
      • Le Sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique (6-7 décembre 2013)

A l’invitation du Président de la République Française, Son Excellence François HOLLANDE, le Président de la République Gabonaise, Chef de l’État, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, a pris part, aux côtés de ses Pairs africains, au Sommet de l’Élysée pour la Paix et la sécurité en Afrique. 
Ce sont au total 53 délégations de pays africains, ainsi que les représentants des Nations Unies (M. Ban KI MOON, Secrétaire Général), de l’Union Africaine (M. Hailemariam DESALEGN, Président, Mme Nkosazana DLAMINI-NZUMA, Présidente de la Commission), de l’Union Européenne (M. Hermann VAN ROMPUY, Président du Conseil, M. José Manuel BARROSO, Président de la Commission), du Fonds Monétaire International (Mme Antoinette MONSIO SAYEH, Directrice du Département Afrique), de la Banque Mondiale (M. Makhtar DIOP, Vice-président Afrique) et de la Banque Africaine de Développement (M. Donald KABERUKA, Président), qui se sont retrouvés aux côtés de la France.
Cette rencontre entre la France et les pays africains, qui intervient trois ans après le 25ème Sommet Afrique-France de 2010 à Nice, a été l’occasion de débattre sur trois thématiques à la faveur de réunions à huis clos : La paix et la sécurité (1), le partenariat économique et le développement (2), les changements climatiques (3).

Au cours de la réunion sur le thème Paix et sécurité, la France a fait le constat de la situation préoccupante actuelle de l’Afrique, traversée par des crises et conflits multiformes qui, de par leur nature complexe et leur virulence, mettent rudement à l’épreuve les capacités des pays africains à y répondre adéquatement.  Ces outils (ou initiatives) sont notamment : l’Architecture de Paix et de Sécurité Africaine (APSA), la Force Africaine en Attente (FAA), la Capacité Africaine de Réaction Immédiate aux Crises (CARIC), ainsi que la participation des différents États aux actions et interventions internationales en Afrique.
Dans ce sens, désireuse d’intensifier son accompagnement aux efforts des pays africains, la France a proposé qu’une étape nouvelle soit franchie par la mise en place d’un nouveau partenariat sur le plan de la coopération militaire.  Ce partenariat, qui intègre une stratégie structurée autour de quatre concepts (anticipation, prévention, accompagnement, promotion), retient quatre priorités : le conseil, la formation, l’équipement et le renseignement.  Plus précisément, la France est disposée à entraîner, chaque année, 20.000 soldats africains
Au terme de leurs échanges, les Chefs d’État et de Gouvernement ont réaffirmé leur attachement à la sécurité collective sur le continent africain et leur engagement à favoriser la paix et promouvoir les droits de l’homme.  Tout en saluant les initiatives menées par l’Union Africaine, les Communautés Économiques Régionales et les États africains, ils ont souligné la nécessité de leur soutien par la communauté internationale. 
Aussi, ont-ils favorablement accueilli la proposition de la France, d’une part, de soutenir le déploiement rapide de la Force Africaine en Attente (FAA) à l’horizon 2015 et la Capacité Africaine de Réaction Immédiate aux Crises (CARIC) et, d’autre part, d’œuvrer en faveur d’une mobilisation internationale pour le financement des opérations africaines de paix.
La France s’est, de même, engagée à appuyer les efforts des pays africains dans la lutte contre les menaces transnationales (trafics de drogues, d’êtres humains et d’espèces menacées, piraterie, etc.) en  soulignant la nécessité d’une consolidation de la coopération, notamment dans la formation et l’échange de renseignements.  Elle a dit sa disponibilité à assister les pays africains porteurs de projets spécifiques en matière de renforcement de forces de sécurité et de défense, de coopération transfrontalière et de développement de l’interopérabilité des forces africaines.
Les Chefs d’État et de Gouvernement ont pris note de la proposition d’organiser à Dakar en 2014 un sommet informel sur la sécurité en Afrique, aux fins notamment d’apprécier l’état des engagements pris dans le cadre du Sommet de l’Élysée.
Les Chefs d’État et de Gouvernement ont, par ailleurs, répondu à l’appel des Premières Dames réunies à l’occasion du Sommet, à l’effet de lutter contre les violences sexuelles dans les conflits.

Au terme de leurs échanges sur le thème Partenariat économique et développement, les Chefs d’État et de Gouvernement ont noté la nécessité de renforcer les relations économiques entre l’Afrique et la France, notamment grâce à des échanges humains plus intenses.  Dans ce sens, ils ont relevé l’intérêt de la création d’une Fondation franco-africaine pour la croissance, rassemblant intérêts privés et publics, français et africains.

Afin de contribuer au développement de l’Afrique et de répondre ainsi aux attentes qui sont manifestées, la France entend consacrer 20 milliards d’euros, au cours des cinq prochaines années, en dons et en prêts.
Les Chefs d’État et de Gouvernement se sont engagés à travailler avec les partenaires multilatéraux et les agences de notation, pour favoriser une évolution positive de la perception du risque africain, et réduire ainsi ses factures actuels de sur-tarification.
Sur les Accords de Partenariat Économique (APE) avec l’Union Européenne, la France a dit soutenir les processus de négociations régionales avec des conditions de calendrier et de contenu plus favorables pour les pays africains.
En matière d’échanges commerciaux entre l’Afrique et la France, les Chefs d’État et de Gouvernement ont exprimé leur ambition de doubler leur volume d’ici 5 ans.  Ils ont de même marqué leur intention d’intensifier les partenariats économiques et d’affaires en organisant en 2014 une réunion des ministres de l’économie africains et français, ainsi qu’un forum d’affaires entre entreprises, en plus de la définition d‘un agenda commun des grandes rencontres économiques et d’affaires.
Rappelant l’objectif de limiter le réchauffement en dessous de 2°C, sur le thème Changement climatique, les Chefs d’État et de Gouvernement ont exprimé leur détermination à parvenir à un nouvel accord contraignant, entrant en vigueur au plus tard en 2020,  lors de la conférence climat de Paris en 2015.  Cet accord, qui portera aussi bien sur l’atténuation que sur l’adaptation, prévoira également ses moyens de mise en œuvre, surtout au bénéfice des pays les plus vulnérables.

Dans ce sens, ils se sont engagés à accélérer leurs préparations internes et ont reçu, à cet effet, le soutien de la France en guise d’accompagnement.  Celle-ci assistera de même les pays qui s’engageront dans des plans nationaux et régionaux, conformément à l’Iniative du Secrétaire Général des Nations Unies intitulée Energy Durable for All (Sustainable Energy For All ou SE4All)
Les Chefs d’État et de Gouvernement ont salué l’engagement pris par la France de contribuer au Fonds Vert pour le Climat, en lui allouant une part des recettes issues de sa taxe sur les transactions financières mise en place depuis 2012.
Les Chefs d’État et de Gouvernement ont approuvé la proposition de tenir leur prochain sommet au Mali.

 

Table ronde sur « La lutte contre le braconnage et le trafic des espèces menacées »

En marge du Sommet, le Président de la République a pris part, à l’invitation du Président de la République Française, à une réunion de haut niveau  organisée, le jeudi 05 décembre 2013, sur « La lutte contre le braconnage et le trafic des espèces menacées », en présence de 23 pays, dont 10 Chefs d’État, et de 9 organisations internationales.
Co-animée par Messieurs Philippe MARTIN et Nicolas HULOT, respectivement ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, et envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, cette rencontre avait notamment pour objectifs de :

  • donner un écho plus large aux conclusions de la Conférence de Gaborone, qui s’est tenue  du 2 au 4 décembre 2013 au Botswana sur la même thématique ;
  • susciter une mobilisation plus importante des pays concernés et de la communauté internationale, notamment l’Union Européenne ;
  • permettre à chaque pays invité de présenter les actions qu’il envisage mener après Gaborone et les projets pour lesquels il sollicite des soutiens ;
  • permettre à la France de prendre connaissance des demandes et projets portés par les pays concernés, afin d’y répondre par des engagements effectifs grâce à son dispositif de coopération et à ceux de ses partenaires internationaux.

Dans son intervention le Président de la République Gabonaise a rappelé l’importance de la valeur des articles obtenus par le trafic illicite des produits de la faune (8 milliards d’euros par an) et la pêche intensive non déclarée et non réglementée (7,5 milliards d’euros par an).  Notant que 76% des éléphants de forêt d’Afrique avaient été massacrés, il a souligné la politique de tolérance zéro que mène le Gabon dans la lutte contre ce qui constitue une des activités qui prend au fil des jours des proportions alarmantes. 
Appelant à une solution mondiale, il a également relevé la nécessité que l’Afrique soit en avant-garde de ce combat, grâce à une stratégie d’abord africaine qui passe par la création d’un Fonds pour la protection de la faune et la gouvernance environnementale, avec le soutien de la Banque Africaine de Développement (BAD).
Par ailleurs le Président de la République Gabonaise a annoncé la conclusion, entre la France et le Gabon, d’un projet d’investissement de 10 millions d’euros consacrés à la réduction du braconnage de l’éléphant, dans le cadre d’un accord de réduction de dette.
Au terme de la rencontre, une déclaration commune et un plan d’actions ont été adoptés. 

Publié le : 13 / 01 / 2014

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